Notes d’enquête privée : 6 mai 1927

Après nos récentes aventures et leur caractère particulièrement surréaliste, je crains qu’il ne faille prendre cette enquête bien plus au sérieux que nous ne l’avons fait jusque là … Ces araignées préhistoriques ont manqué de coûter la vie à mes deux comparses Georges Hazard III et Melchior Arsimboldo et ont sans doute causé la mort de Philipe Baxter. Pire, il aurait pu mourrir dans son cercueil … mais reprenons les notes dans le bon ordre … il ne faut rien oublier … et je crains malheureusement que certaines choses ne me reviendront pas …

Dimanche 1er mai

Devant s’absenter, mon collègue me confie la nécrologie de Philip Baxter. Dire qu’il fut mon professeur et m’inspira ma passion pour le journalisme. J’ai beau ne pas l’avoir vu depuis longtemps, sa mort m’attriste sincèrement. Son enterrement aura lieu dès demain, mais il me reste le temps de retrouver mes amis pour une soirée commémorative au Triggs Memorial.

En fin de soirée, l’alcool aidant peut être, nous croyons tous avoir vu un fantôme. Je rigole encore à l’écriture de ces lignes. Un fantome … quelle blague. Enfin une blague qui m’aura valut une des pires nuits de ma vie. Un fantome que nous avons tous les trois vus, moi, Chester Himes  et Melchior… Une blague qui aurait été bien bonne s’il avait s’agit d’un tour du magicien… mais au fracas de la bouteille d’alcool qu’il laissa tomber au sol, je doute qu’elle en soit une … Non, à l’écrire, j’en suis encore tétanisé. Et ces cris d’outre tombe comme il n’existe que dans les romans pulps de Chester.

Je crois que nous sommes tous tombés d’accord. Une épaisse fumée, ou plutôt une brume puis une lumière verte. Un homme, qui nous semblait être Philip. Et ce cris de douleur, terrifiant, quand son crane semblait s’ouvrir dans une lumière éblouissante. Puis plus rien … Nous n’avons pourtant pas rêvé, mais qui pourrait nous croire … Il doit y avoir une explication, et nous la trouverons tôt ou tard … Et cette odeur de sous-bois, l’odeur de la classe de Philip Baxter

Lundi 2 mai

Aujourd’hui, c’est l’enterrement de Philip à Swan Point. J’ai passé la pire nuit de ma vie, à ressasser cette apparition. Comment est-ce possible ? Bref, tout le monde est là, sa famille, de nombreux étudiants et nous. A la surprise de tout le monde, le juge Mortimer Braddock a informé Chester qu’il était invité à l’ouverture du testament. Mais pourquoi donc ? Nous aurons rapidement la réponse.

Après avoir adressé nos condoléances, Angela Vincenzo nous a proposé de venir boire le thé dans la demeure de Philip Baxter. Cette mort si brutale et cette apparition nous poussera à fouiller les affaires de ce regretté Philip. Je reste mal à l’aise de la chose, mais la curiosité, tout ce mystère, cette apparition. Je ne saurai rester sans réponse. Et paradoxalement, j’ai déjà fait bien pire … cette affaire de moeurs avec le père de Georges … pourvu qu’il ait oublié …

La bibliothèque de M. Baxter est impressionnante. On y trouve de nombreux ouvrages astronomiques ainsi que de nombreux textes d’anthropologie. Silas Patterson y est aussi présent. Je ne savais pas qu’il avait publié à ce point au sujet de l’anthropologie. Mais plus intéressant, nous trouvons le journal intime de Philip Baxter ainsi qu’un sachet de drogue.

Mardi 3 mai

Notre visite chez Philip fût trop brêve. Cette chère Angela nous ayant proposé de revenir, nous n’hésitons pas. Il doit rester de nombreuses choses à découvrir. Georges est rentré de voyage et nous le retrouvons sur place. Malheureusement pour moi, il se rappelle parfaitement mon article sur les frasques de son père. Dommage qu’il soit si influent, j’aurai bien fait un autre article … mais il me causerait plus de tords que le précédent … Il se calmera …

Georges tient Angela à distance pendant que nous fouillons l’étage. Malheureusement, il nous est difficile de trouver grand chose. Il nous faudrait bien plus de temps … d’autant que Chester passe encore tout son temps à vérifier qu’entre chaque page de Piscou Magazine il n’y a pas un message secret … Les ravages des romans pulps … Et pendant ce temps, Georges bouffe des gâteaux … « Ho, ma chère Angela … vos gâteaux sont si excquis ». Non, vraiment, je ne suis pas aidé dans notre enquête …

Des bruits de pas, c’est Georges qui a terminé de manger. Je lui aurai bien demandé s’il avait enfin terminé, mais il l’aurait sans doute mal prit … Allons donc voir ce grenier. « Passez devant mon chez Jonathan … ». Mais quel peigne cul hypocrite … et puis on ne voit rien dans ce grenier. Mais une ombre, impressionnante. Peut être un rat ? Alertant Georges, il regarde cette ombre qui se rapproche. Mon dieu, quelle horreur, cette araignée est énorme …

N’ayant rien d’autre sous la main, je brise un grand tableau sur la bête. Ou je suis malchanceux ou … toujours est-il que la bête saute sur Georges. Pan … Si tout le monde n’est pas averti … Mais la bête s’enfuit dans l’escalier. Alerté par tant de rafus, c’est Melchior qui l’écrasera. Mais tout deux sont blessés et commencent bientôt à trembler. Ils sont bouillants. Nous alertons Angela et les transportons à la cave. Il y a une grande baignoire, l’eau les refroidira.

Angela appelle le Dr. Douglas Walters. On conduit nos deux compagnons à l’hopital. En remontant dans le grenier, nous trouvons des oeufs, un tas énorme. Nous brulons tout cela dans le jardin. Angela ne semble pas tout comprendre mais est bien conciliante et nous donne un seau et nous aide à mettre le feu. Imaginez le ravage que ça aurait pu être si ces oeufs avaient donné naissance à de telles araignées.

D’ailleurs, quelle est donc cette caisse dans la cave ? Les araignées auraient-elle pu venir par là ? Cynthia Baxter étant toujours dans les Indes, elle aurait pu envoyer cette créature par mégarde ?

Mercredi 4 mai

Une visite à l’université nous apprendra qu’il s’agit d’une araignée préhistorique. Le professeur n’en démordra pas. Il est absolument impossible que cette bête ait pu être vivante … Qu’importe, je sais ce que j’ai vu … aussi impossible que cela puisse paraître. Georges et Melchior se remettent tranquillement à l’hopital.

Nous nous renseignons aussi sur la mystérieuse caisse. Elle aurait transité ailleurs. Nous y sommes allés, mais je ne sais plus ce que nous avons appris. Fichue mémoire … Peut-être retrouverai-je des notes plus tard …

Jeudi 5 mai

Ouverture du testament de Philip Baxter.

Vendredi 6 mai

Rhode Island Hospital

Melchior prétexte une blessure toujours douloureuse pour retourner au Rhode Island Hospital. Nous y trouvons un Dr Douglas Walters fort occupé, mais il nous accorde quelques minutes. La blessure sera vite guérie, même si elle laissera des marques. Nous tentons de savoir si l’araignée pourrait être la cause du décès de Philip Baxter. La question semble délicate, nous ne voudrions pas qu’il croit que nous l’accusions de ne pas avoir constaté la mort comme il se doit. Chester met les deux pieds dans le plat, mais le Dr. Walters n’en démort pas, Philip était bel et bien mort.

J’aperçois le dossier de Cynthia et repense soudain aux évènements du passé. Elle avait été gravement malade à l’âge de 12 ans. Surpris d’une si bonne mémoire, le Dr. Walters m’ouvre le dossier. Effectivement, il pourrait s’agir de la même araignée. D’ailleurs, Philip Baxter avait lui aussi des morsures à la tête … Nous craigons qu’il n’ait été enterré vivant, tout du moins dans le coma. En effet, les visions de Georges remontent au lundi soir. Dans certaines tribus, il serait possible d’avoir des visions à l’instant même de la mort d’un être cher.

Mais le plus inquiétant, comment une telle araignée a t-elle pu rester inaperçue aussi longtemps. C’était il y a plus de 20 ans … Y a-t-il d’autres araignées en liberté ? Nous aurons aussi des précisions quand les analyses de sang de Melchior seront terminée. Il faudra compter 15 jours.

TODO : récupérer les résultats des analyses de sang, le 21 mai

Maison de Francis Wilson

Francis Wilson devrait pouvoir nous aider à l’aide de ces connaissances linguistiques. Nous trouvons son adresse dans le botin et nous rendons chez lui, mais n’y trouvons personne. La curiosité nous poussant encore, nous rentrons par effraction. Un fil blanc tombe au sol. Le monsieur doit être quelque peu parano. Quoi qu’il puisse l’être à juste titre … au regard de notre intrusion.

A l’étage nous trouvons quelques extraits traduits. Les Grands Anciens. Les récits Phnakotiques. Il nous faudra trouver des explications. Peut être à l’université ? Nous saccageons la salle de bain, y prenons toutes les drogues et partons. Espérons qu’on suspectera un drogué …

Brown University

Arrivé à l’université, nous ne trouvons pas grand chose. La salle des profs peut être ? Cette fois-ci, la porte aura été plus solide que mon épaule. Le vigile ? Il est difficile à convaincre, mais nous y parvenons. Nous ne trouvons que des lettres de condoléances. Profitons de ce prétexte pour nous rendre chez Julian Baxter.

Maison de Julian Baxter

C’est le pousseur de chaise qui nous ouvre. Il va cherche Julian qui nous acceuille assez surpris. Nous lui adressons les lettres et il nous invite à entrer. Melchior en profite pour lui parler des rêves. Son métier est un bon prétexte, mais Julian reste surpris de nos questions. Les Grands Anciens ne lui disent rien. Cependant, il accepte de nous aider dans notre quête de rêve bien qu’il nous souligne à plusieurs reprises l’absence de garantie de résultat.

En revanche, le pousseur de chariot ne semble pas insensible aux Grands Anciens. Dommage qu’il soit diminué. Il sera difficile de l’interroger.

TODO : revenir pour une séance de rêves, mardi prochain